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Make your life lighter... (sleeve, bypass)

...ce slogan se veut porteur d'espoir pour toutes les personnes qui souffrent dans leur corps. Il signifie qu'il ne tient qu'à vous de rendre votre vie plus légère et lumineuse ! Perdre du poids demande énormément de courage et implique des décisions difficiles, la chirurgie pourrait-elle être votre chance de vous libérer de ce corps qui vous gâche la vie ?

Moi... qui suis-je ? (2013 - partie 1)

Coucou à tous et à toutes,

En guise de premier billet sur ce blog... voilà une "brève" introduction pour me présenter à vous et vous faire comprendre le pourquoi du comment de ma présence ici, ce qui m'a conduite à une si grande prise de poids, à cette détresse psychologique qui m'a suivie pendant des années, et ce qui m'a conduite au final à prendre cette décision : me faire opérer d'une Sleeve Gastrectomie.

 

23 octobre 2013 (partie 1)

Pour commencer, je suis de la région Lilloise depuis quelques années. J'ai eu 24 ans cette année, et si je suis ici c'est parce que j'envisage de me faire opérer d'une Sleeve dès que j'en aurai l'occasion.

Actuellement, je suis à un IMC de 41,5 stabilisé depuis de nombreuses années. Je mesure 1m74 et je pèse 128kg (c'est le poids auquel j'ai été stable le plus longtemps, mais je suis montée jusqu'à 134kg au maximum). 

Au contraire de certaines personnes, je n'ai pas été en surpoids dès mon plus jeune âge. J'étais mince au cours des premières années de ma vie, bien portante mais "normale" pour celles qui ont suivi. J'ai toujours été très grande pour mon âge.

J'ai perdu mon papa quand j'étais petite fille, mais malgré cela je ne considère pas avoir eu une enfance malheureuse. J'ai été suivie par un psychologue pendant quelques mois, qui en a conclu que j'avais fait mon deuil de la bonne façon. Jusqu'à présent, je n'ai jamais considéré que ma prise de poids avait été en rapport avec cet événement. Mais comment savoir ?

Le plus gros de ma prise de poids a débuté après mon entrée au collège, et arrivée au lycée mon obésité était déjà très bien installée et je flirtais avec les 120kg.

Considérant ma grande taille et ma prise de poids énorme et rapide, j'ai eu de gros problèmes d'articulations (genoux notamment) et le médecin parlait d'un début d'arthrose. Puis c'est passé, et depuis je n'ai presque plus jamais eu mal. Je ne sais pas où ça en est actuellement.

J'ai suivi divers régimes, de mes 12 ans jusqu'à il y a quelques années, qui n'ont jamais vraiment réussi car je n'étais simplement pas prête pour ça, cela créait des conflits avec ma famille, j'ai difficilement vécu leur inquiétude et leur déception, ma culpabilité et bien sûr une tendance naturelle à aimer manger et à me réfugier dans la nourriture (donc plus encore lors des conflits à ce sujet).


Par contre, j'ai toujours eu une vie sociale, une vie amoureuse, une vie sexuelle précoce mais équilibrée. J'étais pas malheureuse, j'acceptais mon corps et ne complexais pas, j'avais des amis, j'ai eu des petits amis. Pendant la période que je vais évoquer dans les paragraphes suivants, j'avais un copain qui avait le même âge que moi (17-18 ans) et avec qui j'avais des rapports harmonieux, qui acceptait mon corps mais aussi ma façon de vivre et de m'alimenter.

J'ai découvert le régime hyperprotéïné Dukan au cours de mon année de terminale (j'avais d'ailleurs un blog très complet et très suivi à ce sujet, je suis triste de l'avoir perdu à cause d'un souci au niveau de l'hébergeur !), et je me suis lancée à corps perdu dans cette bataille. J'ai eu des résultats rapides, et en un an j'avais perdu 18kg, ce qui était très bien à mon goût, je découvrais un joli visage que je n'avais jamais vu sous ces joues bouffies et cette grosse tête ronde. J'étais parvenue à descendre aux alentours de 100kg et même s'il restait de la route à parcourir, je me sentais mieux. J'étais loin de me trouver parfaite, mais à 100kg, je me trouvais "bien". C'était la première fois de ma vie que je faisais un régime dont je me souciais vraiment et pour lequel je m'investissais pour de vrai, la première fois que j'étais réellement motivée.

Puis des changements se sont produits dans ma vie, j'ai quitté le lycée et commencé la fac, quitté le cocon familial pour me retrouver propulsée à plusieurs dizaines de kilomètres, dans une grande ville (alors que j'avais toujours vécu dans un village), toute seule en cité universitaire. Là j'ai découvert la liberté, pouvoir faire mes courses comme je le voulais et quand je voulais, les snacks à chaque coin de rue, la malbouffe dûe à la vie en chambre universitaire. A commencé à ce moment là une longue suite de semi-mensonges et occultation de la vérité. Quand je rentrais chez ma mère le week-end, j'étais au régime et très sérieuse, pour totalement lâcher dès que j'étais de retour dans ma chambre.

A la fac, ça n'allait pas, je découvrais un système ingrat, peu valorisant, là où j'avais toujours été bonne élève et estimée de mes professeurs, je n'ai rencontré à la fac qu'un mur d'indifférence qui m'a beaucoup fait souffrir. Au delà de ça, je n'ai réussi à me lier avec aucun des étudiants de ma classe, et ayant quitté toutes les personnes que j'avais connues au collège et lycée, je me suis rapidement retrouvée très très seule.

Sur l'année qui a suivi, j'ai repris exactement le double de ce que j'avais perdu, 35kg. Avec en prime de nouvelles habitudes alimentaires qui ne m'ont jamais quitté et qui étaient vraiment vraiment mauvaises... Le principe du régime Dukan étant : Aucune restriction de quantité, mais seulement des aliments autorisés. Ca me convenait, car j'adorais la viande et les laitages, seulement, cela m'a donné des habitudes de grignotage que je n'avais pas auparavant, ainsi que l'habitude de remplir de grosses assiettes (viandes et légumes, mais évidemment par la suite c'est resté, pour tous les aliments que j'avalais), grignotage salé n'importe quand, viande à volonté...etc.

Aujourd'hui, lorsque je cuisine, c'est jamais un seul steak ou une seule escalope, mais deux au minimum. Lorsque j'ouvre un paquet de jambon, je le termine. Si je décongèle une baguette, c'est pour un gigantesque sandwich plutôt que pour la manger sur un ou deux jours.


Une énorme claque de fatalisme m'est tombée dessus. J'ai compris à ce moment qu'
AUCUN régime ne pouvait fonctionner pour lutter contre l'obésité (et je le pense encore aujourd'hui), qu'une alimentation équilibrée était la solution pour perdre quelques kilos et stabiliser son poids quand on était simplement en surpoids, mais que jamais ça ne pourrait faire maigrir quelqu'un de plusieurs dizaines de kilos durablement. Que quoi qu'il arrive, je ne serais jamais mince, que j'étais en mauvaise santé et le resterais toute ma vie, que ma santé continuerait à se dégrader et que je ne pouvais rien y faire.

J'ai commencé à sécher les cours, parce que je n'y arrivais pas. Je culpabilisais énormément, car je savais que j'avais les capacités pour être une bonne élève. C'était une branche qui me plaisait, et toute ma vie j'avais voulu faire de longues études. Cependant, il n'y avait aucune restrictions, tout le monde se fichait que les étudiants aillent en cours ou non. Et se lever pour aller en cours, quand on va mal, et quand on n'a personne à retrouver à la fac, pour être ensemble pour la journée... ça a simplement été trop pour moi, j'ai pas pu.

J'ai tenu bon une année, mais j'ai échoué aux examens (sans avouer à mes proches que je n'avais pas assisté à tous les examens). On m'a rassuré, on m'a dit que c'était pas grave la première année, que beaucoup d'étudiants la rataient, mais que j'étais sérieuse et que la suivante était la bonne.

J'ai voulu les croire, et j'ai recommencé l'année suivante. Très vite j'ai décroché, et j'ai décidé de me réorienter. Je suis rentrée chez ma mère, et sans m'étendre là dessus ça a été un changement encore plus difficile, car j'ai eu l'impression d'un énorme bond en arrière dans ma vie. J'ai perdu toute indépendance et toute liberté d'action. Pour la toute première fois de ma vie (et j'insiste là-dessus), j'ai réalisé que je n'étais pas heureuse. Ça a été un énorme choc pour moi qui toute ma vie avait été souriante et optimiste, et qui étais fière de cet optimisme qui était un peu ma principale qualité.

A partir de là, j'ai appris à faire semblant, à essayer de paraître heureuse aux yeux de ma famille, pour ne pas les inquiéter et SURTOUT pour ne pas les décevoir, alors que je sombrais peu à peu sans m'en apercevoir, sans le comprendre vraiment.

 

* * *



Avec le recul que j'ai aujourd'hui (octobre 2013 donc), c'est à ce point là de mon histoire que je considère qu'il y a une limite très nette entre AVANT et APRES. 

Avant, quand j'étais plus ou moins heureuse et que je vivais.
Après, quand j'ai commencé ma longue descente.


Je passerai rapidement sur les deux années qui ont suivi qui n'ont fait que m'enfoncer un peu plus. Je me suis éloignée de ma famille proche pour rejoindre une autre branche de la famille, en ville, et de là j'ai commencé à chercher du travail. Cette période a été vraiment difficile, j'ai découvert le monde et sa dureté. On m'a bien fait comprendre (employeurs, mission locale et pôle emploi) qu'avec l'absence de diplômes ainsi que mon physique, jamais je ne trouverai de travail.

J'ai bossé un peu au noir chez des particuliers, et ça a achevé de m'isoler totalement. Je n'avais pas de "milieu de travail", pas d'amis ici, et pas de collègues donc. Les seules fois où je sortais de chez moi (en dehors des courses...etc.) c'était pour aller au boulot chez ces gens, seule.

Je me suis réfugiée dans les tchat et les jeux vidéos, pour lesquels j'avais déjà un très gros penchant, et j'ai continué à attendre que ma vie passe sans en être réellement actrice.


Et puis en 2010, réveil. Une personne de ma connaissance m'a parlé pour la première fois de la chirurgie bariatrique dont je n'avais jamais entendu parler et que je n'avais jamais envisagée (je ne savais même pas que ça existait). J'avais déjà entendu parler de l'anneau mais n'en voulais pas, parce que je n'en avais entendu que du mal, et que je préférais rester obèse que souffrir de la sorte et risque d'essuyer un nouvel échec.

Je vous avoue qu'au tout début j'ai été excessivement réfractaire à l'idée d'une chirurgie totalement irréversible et tellement restrictive. J'étais jeune (20-21 ans) et j'avais envie de vivre, de pouvoir sortir et boire, prendre des cuites, manger ce que je voulais quand je le voulais.

Puis petit à petit l'idée a fait son chemin, et je me suis lancée. Les médecins m'ont tout d'abord mise en garde en me précisant que j'étais jeune et que ça n'était pas une décision à prendre à la légère. Je me suis énormément documentée, j'ai lu des témoignages, lu tout ce que je pouvais trouver sur les différentes opérations, puis je me suis décidée et ai pris mon premier rendez-vous chez le chirurgien (qui tombait environ 6 mois après cette décision). En attendant, mon médecin généraliste m'a envoyée commencer les rendez-vous pré-op' pour accélérer la procédure.

Et là, un enchaînement d'évènements a fait s'écrouler totalement mes nouveaux espoirs, si nouveaux et si fragiles.

Mes premiers résultats de prise de sang sont tombés, j'étais diabétique. La façon dont j'ai appris la chose m'a profondément choquée. Le médecin en a averti plusieurs personnes de ma famille avant de m'en parler à moi, je n'avais pas encore été chercher mes résultats, et c'est une personne de ma famille qui me l'a appris, me disant que le médecin était très alarmé et qu'il n'avait jamais vu des résultats aussi graves chez une patiente aussi jeune.

Je ne suis plus jamais retournée voir ce médecin. J'ai été suivie un temps par un endocrinologue, mais il était vraiment spécial, limite méprisant. Apparemment, il n'aimait pas les personnes corpulentes, les "gros", et aurait préféré ne suivre que des diabétiques minces. Il m'a dit (en gros) que si j'étais malade, c'était de ma faute, et que je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même.

J'ai très mal supporté le traitement qu'il m'a donné. J'avais d'énormes maux de ventre, et des diarrhées après chaque repas. Et c'est là que j'ai totalement baissé les bras, et rejeté ma maladie. Depuis ce jour, et jusqu'à cette semaine, je ne suis plus jamais retournée voir un généraliste. J'avais été trahie par notre médecin de famille, maltraitée par cet endocrinologue et ce traitement, et en plus de ça, j'avais une maladie incurable qui me suivrait toute ma vie.

Par la suite, progressivement, j'ai perçu les changements dans mon corps. Le besoin de boire plusieurs litres d'eau par jour, la bouche pâteuse, les mycoses à répétition et qui ne guérissent jamais vraiment, la perte de cheveux, les pieds régulièrement engourdis et douloureux, le transit totalement en vrac (avec diarrhées plusieurs fois par semaine), les règles douloureuses mais très peu régulières, parfois 10 jours dans un mois, et parfois plusieurs mois sans les avoir, un sommeil particulièrement mauvais, pas du tout réparateur, de grosses insomnies (psychologiques : à cause des soucis ET physiques : rythme décalé, douleurs).

Tout s'écroulait, et je me suis totalement repliée sur moi-même et inconsciemment isolée. J'ai abandonné tout ce que j'aimais, mes loisirs et mes rêves, et j'ai sombré plus profondément que ça ne m'était jamais arrivé. A vouloir en mourir. J'ai découvert ce gouffre de souffrance, le chagrin qui fait mal physiquement, laissant à chaque crise une entaille plus profonde au fond de la poitrine, un voile de peine qui ne se relevait plus. Et surtout, plus le moindre soupçon d'optimisme. Tout était sombre et sale. 

(A suivre...)

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