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Make your life lighter... (sleeve, bypass)

...ce slogan se veut porteur d'espoir pour toutes les personnes qui souffrent dans leur corps. Il signifie qu'il ne tient qu'à vous de rendre votre vie plus légère et lumineuse ! Perdre du poids demande énormément de courage et implique des décisions difficiles, la chirurgie pourrait-elle être votre chance de vous libérer de ce corps qui vous gâche la vie ?

Cheminement vers la décision d'un bypass (partie 2) : 6 jours de marche intensive, Louise, Disney

C'est toute une série d'évènements au cours de cet été 2017 qui m'ont conduite à prendre la décision de commencer les démarches en vue de me faire opérer d'un bypass. 

C'est vrai que l'idée m'avait effleuré l'esprit plusieurs fois au cours du premier semestre 2017, car avec mon diabète revenu et ma santé qui se dégradait (et je le sentais clairement dans mon corps, à présent que j'étais redevenue plus attentive à mon état de santé), je sentais qu'il fallait que j'agisse avant que ça ne s'aggrave. Et c'est vrai que je commençais déjà à me poser la question de si je pouvais prétendre à un bypass, de si ce serait raisonnable, de si ça pourrait m'aider, et surtout, savoir si j'en avais réellement envie, si j'étais prête à accepter cette idée.

Mais c'est lors d'une rencontre forte en émotions que l'idée s'est imposée à moi de manière claire et définitive. Après plusieurs années de discussions et de partage via internet, les mails, les MP forum et la messagerie instantanée avec Louise, mon amie rencontrée en 2013 sur un forum traitant de chirurgie de l'obésité (dont je vous parlais dans un précédent billet), une super opportunité de se rencontrer en vrai s'est présentée : une place se libérait pour le séjour de 4 jours à Disneyland Paris qu'elle organisait cet été avec ses cousins, et elle avait pensé à moi pour les accompagner et qu'on puisse vivre cette expérience ensemble. C'était... magique, comme idée de première rencontre, et m'imaginer partager avec elle l'ambiance des rues de Disney, les spectacles et feux d'artifice... ça me faisait rêver.

Pourtant, quelque chose me freinait beaucoup : mon corps. Et la peur qu'il ne suive pas. Je me rappelais de mes précédents séjours à Disney (qui n'avaient pourtant duré qu'une journée à chaque fois) et de la souffrance que j'avais ressentie (mal aux pieds et aux genoux essentiellement à l'époque) à force de marcher et surtout de piétiner dans les files d'attente interminables. Je me suis rappelé que c'était à cause de ça précisément que j'avais arrêté d'y aller et refusais d'y retourner avant d'avoir perdu suffisamment de poids pour le supporter. 

J'aurais aimé vous dire que j'ai accepté sans hésiter, tellement la proposition était énorme, magique, tentante... mais j'avais vraiment, vraiment peur. Peur de souffrir, peur de me rendre compte une fois de plus de mon handicap, peur de me sentir mal, coupable et déprimée d'être "toujours aussi obèse" après tout ce que je m'étais battue pour perdre du poids, après ma sleeve... 

Mais d'un autre côté... j'aurais tellement regretté de ne pas y aller. Et je ne veux pas vivre dans les / avec des regrets. Je préfère regretter d'avoir tenté quelque chose et en assumer les conséquences que de vivre avec le regret de ne pas l'avoir fait et passer mon temps à me demander ce que ça aurait changé, si j'avais tenté malgré tout. Alors j'ai accepté, et j'y suis courageusement allée.

Émotionnellement, ça a été un séjour magnifique. Cette rencontre m'a marquée parce que d'une part on s'est très bien entendues toutes les deux (et ça avait la saveur particulière d'une première fois, évidemment), et d'autre part ça me changeait tellement les idées. Je suis tellement seule au quotidien, je ne gravite qu'autour de mon copain et n'ai plus vraiment d'amis. C'est tellement différent de pouvoir envisager une journée avec une amie, quelqu'un qui compte vraiment mais n'est pas omniprésente comme c'est le cas avec le partenaire dans une vie de couple. Et vivre ça coup sur coup, dans l'ambiance "juste toutes les deux" autour de chez elle, puis "en groupe" au cœur de la magie de Disney... un ensemble qui a rendu le ressenti de ce séjour tellement... parfait.

Nous avons commencé par nous rejoindre chez elle, deux jours avant le séjour à Disney. La sérénité de cette rencontre et des activités simples (balades en ville, shopping à la fnac, balade sur la plage, petit resto, crêpe en bord de mer, temps calmes à l'appart, discussions...) que nous avons faites m'ont vraiment fait beaucoup de bien. Moralement.

Parce que physiquement... je sentais déjà mes limites et les problèmes auxquels j'allais être confrontée pour la suite. C'est vrai que depuis quelques temps, je n'ai plus vraiment d'activités en extérieur dans ma vie quotidienne, la fatigue est trop importante et mon corps ne suit pas. Je me cantonne aux courses qui sont parfois difficiles, et aux quelques balades en ville avec mon copain (ou avec ma famille, quand je suis en vacances comme maintenant). Et je l'ai bien senti pendant ces quelques jours que nous avons passés toutes les deux à déambuler en ville et le long de la plage. Une très vieille douleur s'est réveillée, j'avais mal aux genoux, et s'ajoutait à celle que je ressens habituellement depuis quelques années quand je marche trop longtemps, aux hanches. Pourtant on n'a pas fait grand chose et on n'a pas abusé... C'est là que je me suis réellement rendue compte de l'ampleur du problème et des "limites" que mon corps m'opposait.
Et je l'avoue, bêtement, j'ai un peu forcé. Pris de l'ibuprofène pour ne pas souffrir et pouvoir quand même profiter de cette rencontre, ne pas traîner la patte et rentrer frustrée d'avoir gâché ces moments.

On a pas mal passé de temps à discuter chez elle également, et quand on en est arrivées à parler de son bypass, de comment elle le vivait et l'avait vécu, de ce que ça avait changé pour elle, et du fait qu'elle ne regrettait pas (un peu comme je suis en train de le faire sur ce blog finalement), je sais pas... j'ai ressenti quelque chose, cette impulsion particulière, peut-être un premier "déclic". 

Puis est venu le moment de partir à Disney. J'avais vraiment peur, et je savais pertinemment que ce serait dur et que je souffrirai. Autant par rapport à mon état à ce moment-là que d'après mes souvenirs. Et mes souvenirs étaient tellement en deçà de ce que ça a été... 

Sans rentrer dans les détails jour après jour, j'ai très vite commencé à avoir l'impression de peser des tonnes sur mes pieds, qui souffraient à la fois de l'écrasement lors de longs piétinements dans les files d'attente et du frottement contre mes chaussures de mauvaise qualité. Les premières ampoules sont apparues dès le premier jour.

Au-delà de ça, mes hanches, mes genoux, et d'autres articulations qui jusque-là ne m'avaient jamais posé de problèmes (les chevilles notamment) ont commencé à me faire mal dès le premier jour, et de plus en plus au fil du temps qui passait. J'ai vraiment été courageuse et essayé de faire de mon mieux pour profiter du séjour malgré la douleur, et heureusement j'ai réussi (je m'en serais tellement voulu d'avoir gâché notre séjour et de ne pas avoir réussi à en profiter et à m'amuser...), j'ai vraiment passé de très très bons moments et j'ai adoré quasiment tout ce qu'on a fait dans le parc, c'était la première fois que je le découvrais comme ça et pouvais y passer autant de temps ! Mais mon corps ne m'a quasiment laissé aucun répit et ça a été vraiment très très éprouvant physiquement et frustrant/blasant moralement, je me suis sentie tellement diminuée par rapport au reste du groupe qui a très bien supporté le séjour...

Et j'ai surtout vu Louise, qui avait été obèse comme moi, et qui avais connu la souffrance et le handicap du surpoids dans un parc d'attraction... qui semblait tellement légère et vivante durant ce séjour. Elle a perdu plus de 50kg après un bypass il y a trois ans, et on a pu parler des différences flagrantes dans sa façon de vivre Disney par rapport à quand elle y allait avant l'opération. De tout le séjour, elle n'a eu mal nulle part à cause de son poids, elle n'a pas eu mal aux pieds du tout, aucune de ses articulations n'a souffert, elle pouvait... tout.

Et je pense que ça a été le déclencheur principal (au milieu de tous les autres, qui faisaient leur bonhomme de chemin dans ma tête) dans la prise de décision. Moi aussi je voulais ça, moi aussi je voulais être légère et vivante, moi aussi je voulais pouvoir... tout.

Je ne voulais tellement plus être handicapée, ni frustrée de ne pas pouvoir profiter à fond de ce que je vivais...

On en a pas mal parlé, à ce moment là, et depuis que je suis rentrée, et elle est aussi persuadée que moi que c'est une opération qui pourrait m'aider et me libérer de cette énorme contrainte physique, ce qui me conforte un peu dans mon idée. Ça fait du bien d'avoir l'avis extérieur d'une personne qui est passée par-là et pour qui ça a fonctionné...

 

Crêpe fondue de poireaux et St-Jacques ! <3 

 

Un élan de poésie... :) 

THE château !

 

 

Même pas décoiffée par l'attraction ci-dessus B-) 

English breakfast !

Notez l'air épuisé et éprouvé de ce dernier jour de balade... :/ 

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