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Make your life lighter... (sleeve, bypass)

...ce slogan se veut porteur d'espoir pour toutes les personnes qui souffrent dans leur corps. Il signifie qu'il ne tient qu'à vous de rendre votre vie plus légère et lumineuse ! Perdre du poids demande énormément de courage et implique des décisions difficiles, la chirurgie pourrait-elle être votre chance de vous libérer de ce corps qui vous gâche la vie ?

Réflexions sur ma sleeve, plus de trois ans après : ce qu'elle m'a apporté et ce qui a changé dans ma vie

Comme je le disais dans un des billets précédents, je ne considère pas aujourd'hui (et n'ai jamais considéré) que ma sleeve a été un échec. A aucun moment je n'ai regretté de l'avoir fait, même dans les moments de découragement et les passes difficiles de ces dernières années. Je vais essayer de lister ici les éléments qui m'ont faite parvenir à cette conclusion quand je me suis posé la question.

Déjà première chose, peut-être insignifiante pour certains mais primordiale pour moi : j'ai perdu près de 30kg et de ce fait, je suis passée d'une obésité morbide (IMC à 42,3) à une obésité modérée (IMC à 34,7 aujourd'hui). Et c'est vraiment significatif tant dans le ressenti du corps, que dans sa mobilité et son apparence.

Niveau qualité de vie, mon transit s'est immensément amélioré (je souffrais de diarrhées chroniques à presque tous les repas), et aujourd'hui je me sens par rapport à ça "comme une personne normale".

J'ai perdu une demi pointure de chaussure (je mettais un bon 42, maintenant je suis plus près du 41 même si je dois toujours prendre du 42 quand ça taille petit), et surtout mes mollets ont bien diminué en diamètre. Résultat : j'ai pu acheter des bottes à ma taille, enfin ! Deux paires ces trois dernières années. J'ai aussi enfin trouvé des collants à ma taille abordables, et j'ai pu recommencer à mettre des robes. Mon style vestimentaire a pas mal changé, et je porte des robes chaque fois que j'en ai l'occasion maintenant (été comme hiver).

Mon diabète s'est bien résorbé, et j'ai pu vivre presque trois ans sans en souffrir, j'étais considérée "en rémission" et la maladie ne s'est pas manifestée jusqu'à très récemment. Evidemment c'est malheureux qu'elle revienne et que la sleeve ait montré ses limites si tôt chez moi, mais comme je le disais, je ne regrette pas, j'ai pu "revivre" pendant près de trois ans.

Le parcours psychologique et diététique que j'ai suivi avant mon opération. Ça a été une des expériences les plus enrichissantes pour moi, j'ai appris énormément de choses non seulement sur la psychologie et ses schémas comportementaux, mais également sur le corps et le cerveau, sur ce qui fait que c'est si dur pour nous, obèses, de se sortir des cercles vicieux que la société nous impose. J'ai adoré ce concept de thérapie cognitive et d'écoute de soi, de son corps et de son esprit, d'acceptation des émotions... Egalement, apprendre à comprendre ses propres comportements pour pouvoir les contrer ou les contourner, c'est quelque chose de très fort émotionnellement et très puissant dans l' "aide à aller mieux".
Ça a vraiment été quelque chose de positif, à tel point que je ne regrette pas d'avoir attendu pour me décider à être opérée. Si j'avais été opérée quelques années plus tôt, la première fois que j'ai entendue parler de chirurgie bariatrique, je n'aurais pas rencontré toutes ces personnes super (diététicienne, psychologue et hypnothérapeute), et je n'aurais pas pu apprendre toutes ces choses qui vont me rester et continuer à me guider tout au long de ma vie.

Ça rejoint un peu ce que je disais sur le parcours psycho-diététique, mais j'ai appris à avoir de nouvelles habitudes de vie (alimentation, santé, rythme...etc.) qui se sont peu à peu inscrites en moi et dont je me rappelle durablement. J'ai réappris à "agir" pour moi, vivre pour moi, et me sentir fière des petites avancées et évolutions. Ça a pas mal boosté ma confiance en moi et m'a réappris à savoir être fière de moi plutôt que d'avoir honte de tout ou d'être blasée de tout.

Mes apnées du sommeil ont disparu et ne sont jamais revenues. J'ai retrouvé un sommeil réparateur et cessé d'avoir peur pour mon cœur toutes les nuits. Mes angoisses et insomnies (celles dues à ma santé et à la "peur de m'endormir" notamment) se sont apaisées.

J'ai rencontré des personnes super pendant mon parcours, notamment sur internet à travers les forums que j'ai consultés, les questions que je me suis posée et auxquelles on m'a répondu, et le soutien et réconfort de ces personnes en cas de coup dur ou simplement moral en berne... C'est une expérience qui peut être humainement forte et émouvante, le partage et la solidarité sont très beaux dans cette aventure.

Et je pense tout particulièrement à mon amie
Louise, que j'ai rencontrée le premier jour de mon inscription sur ce forum et avec qui les liens se sont créés tout de suite, de par la similarité de nos parcours et expériences de vie, notre caractère et nos centres d'intérêt. Nous nous sommes comme qui dirait "trouvées" et encore aujourd'hui, quelques années plus tard, nous sommes des amies très proches, de plus en plus au fil du temps qui passe, et bien au-delà des limites d'internet, puisque nous nous sommes finalement rencontrées et rapprochées dans la "vraie vie". J'y pense souvent, et je me dis que sans cette opération que nous avons voulue toutes les deux, nous ne nous serions peut-être jamais rencontrées

J'ai appris à faire confiance aux médecins (pas à tous malheureusement, mais c'est déjà un très grand pas pour moi). Dans ma famille nous avons toujours fui et appris à fuir les médecins, de plus j'ai vécu une trahison très choquante (pour ne pas dire "traumatisante") il y a une 15aine d'années de la part d'un médecin de famille un peu trop bavard, alors ça a été très difficile pour moi de faire le premier pas et d'accepter d'être suivie par des médecins. Aujourd'hui, ça va mieux, et c'est génial de pouvoir se soigner et prendre soin de soi, plutôt que d'aller mal et de culpabiliser de ne pas être capables de réagir et "faire ce qu'il faut". 

De manière générale, la frustration perpétuelle dans laquelle je vivais (tout le temps, et à propos de tout et de tout le monde) s'est énormément apaisée et ne survient plus que de temps en temps, dans des situations où la frustration est une réaction normale et gérable à un évènement donné. Et rien que ça... je peux vous dire que ça libère d'un poids énorme, presque autant que les kilos envolés. Tout ça grâce à un suivi psychologique qui a marché au-delà de mes espérances et une qualité de vie/santé qui se sont améliorées et ont apaisé mon corps et ma fatigue.

Last but not least, ma sexualité également s'est épanouie après cette opération. D'une part parce que ma libido battait de l'aile à cause de la fatigue de mon corps, et que la dépression avait peu à peu anesthésié mes sens, et d'autre part parce que tout cet excédent de graisse que j'ai perdue avait beaucoup limité la sensibilité de mon corps, tant à la surface de la peau qu'au niveau des zones érogènes. Mon corps était comme étouffé, et j'ai depuis redécouvert bien des sensations que je pensais perdues ou même n'avais jamais connues auparavant.

En conclusion, je dirais que si c'était à refaire, je le referais sans hésiter ! Pas plus tôt, pas plus tard, parce que c'est tout l'ensemble qui a fonctionné de manière efficace, et que mes réussites auraient peut-être été bien moindres si je m'étais précipitée ou avais attendu plus. J'ai réellement la sensation de m'être faite opérer au bon moment, d'avoir été à la bonne place dans la bonne période de ma vie.

Evidemment que je suis passée par des périodes de découragement et de déception, parce que je n'ai perdu "que" 30kg sur les environ 60 que j'avais à perdre pour retrouver un IMC normal. Mais ces "que 30kg" ont tellement changé ma vie (et en bien seulement !) qu'il est impossible de regretter. Je n'ai aucun regrets.

Aujourd'hui, c'est vrai que je me pose la question d'un bypass, mais pas pour "rattraper une erreur du passé", bien au contraire. C'est une démarche qui s'inscrit plutôt dans la continuité de ma sleeve, pour consolider les acquis de cette opération (la stabilisation de ma santé en première priorité), pour continuer à aller de mieux en mieux, faire un pas de plus dans l'amélioration de ma santé et de ma qualité de vie.

Pourquoi maintenant ? Simplement parce qu'avant ça, je n'étais pas prête à l'envisager. Il m'a fallu déjà m'habituer à mon "nouveau" corps d'après la sleeve, à mon nouvel estomac, à ma nouvelle vie et à tous les changements psychologiques et comportementaux qu'ils ont induit... Puis digérer les limites de la sleeve et accepter que "ça y est", la perte de poids était terminée. Il m'a fallu du temps pour me faire à l'idée et l'accepter.

Malgré tout, ça n'était pas des questions obsédantes et j'ai pu réellement vivre ma vie sans m'inquiéter sans cesse de la sleeve et de mon poids, de ce genre de questions, ça a été (chez moi en tout cas) un chemin plutôt naturel et je n'ai pas ressenti ces éléments comme des obstacles ou même des difficultés. Je pense que j'avais suffisamment appris à m'écouter pour noter les changements qui intervenaient, identifier les "acceptations" et les nœuds qui se dénouaient progressivement.

J'ai toujours su que cette "aide" existait, que le bypass était possible après une sleeve. Je ne me suis jamais mis de barrière ou juré de ne pas le faire, bien au contraire, mais je ne l'ai pas envisagé avant de me sentir prête.

Aujourd'hui, je pense que c'est le cas, je suis prête. Je pense que les prochains billets sur ce blog seront consacrés à vous expliquer quel a été le cheminement vers cette décision et quels ont été les déclics successifs qui m'ont décidée à relancer les démarches.

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S
Merci :)
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